Comment utiliser les déchets pour nourrir les animaux ?
Les défis du système productif
La croissance démographique projetée, l’urbanisation, la raréfaction des ressources disponibles et l’essor de la classe moyenne, dont le pouvoir d’achat entraînera une forte hausse de la demande mondiale de produits animaux (prévue en augmentation de 70 % d’ici 2050), constituent les défis du millénaire pour le secteur agricole et d’élevage, qui doit produire davantage en utilisant moins de ressources.
Ce défi est d’autant plus complexe que les ressources environnementales sont limitées et que la demande mondiale croissante de terre pour des usages autres que la production alimentaire primaire (énergie, construction, etc.) accentue la pression sur la production agricole destinée à la consommation humaine, rendant indispensable une efficacité accrue. Dans ce contexte, l’alimentation animale peut jouer un rôle clé pour relever avec succès le défi du millénaire.
Les techniques de production industrielles
L’aliment des animaux est la clé du succès dans l’élevage. Ce qui incite les éleveurs à se confier à des industries pour se garantir un meilleur aliment, pour la bonne croissance de leurs animaux. Ces derniers utilisent donc des céréales (maïs, soja, blé, etc.), des protéines, des vitamines, des lipides et des sels minéraux pour formuler les provendes adaptées aux besoins des éleveurs.
Pour satisfaire la demande en provenderie qui se fait de plus en plus croissante, les industriels font recours, dans un premier temps, à de vastes superficies de terre pour produire ces céréales, créant ainsi une compétition food-feed.
C’est-à-dire une compétition entre la nutrition humaine et l’alimentation animale, et dans un deuxième temps, l’utilisation des machines de dernières technologies pour le traitement de ces céréales.
Ce qui crée donc une consommation énergétique accrue dans un monde dans lequel le pétrole se fait de plus en plus rare.
Il est donc urgent de penser autrement en utilisant par exemple les déchets ou les sous-produits de l’industrie agroalimentaire pour produire les aliments pour nos animaux, favorisant ainsi une économie circulaire.
Économie circulaire
L’une des approches de l’économie circulaire dans la production animale est d’optimiser l’alimentation des animaux en réutilisant les déchets alimentaires. Par exemple :
- Réutilisation des produits agricoles invendus : des légumes ou des fruits non commercialisables peuvent être utilisés comme alimentation animale, réduisant ainsi le gaspillage alimentaire.
- Insectes comme source de protéines : certaines exploitations élèvent des insectes (comme les mouches soldats noires) pour produire de la protéine animale qui sert à nourrir d’autres animaux, notamment les poissons et les volailles.
Vers une production animale durable
L’alimentation animale représente un élément fondamental pour améliorer la durabilité de la production animale ; en effet, dans la plupart des systèmes d’élevage, elle contribue significativement à réduire l’empreinte environnementale des produits animaux.
L’industrie de l’alimentation animale joue donc un rôle clé dans la recherche de solutions pour optimiser la productivité animale et, par conséquent, contribuer à la réduction de l’impact environnemental.
GREENMAN ACADEMY soutient une vision de durabilité globale (sociale, économique et environnementale), fondée sur une industrie de l’alimentation animale dynamique et compétitive qui utilise les ressources de manière efficiente et responsable afin de fournir non seulement des aliments pour animaux, mais aussi l’expertise nécessaire à leur intégration dans un système agricole et d’élevage hautement durable sur le plan environnemental.
L’empreinte environnementale
L’impact environnemental d’un produit peut être évalué selon différentes méthodologies. Jusqu’à présent, aucune méthodologie unique ne permettait de mesurer simultanément et rigoureusement tous les aspects de cet impact, et surtout de les comparer dans une évaluation globale.
La Commission européenne, avec le projet PEFCR (Règles relatives aux critères d’empreinte environnementale des produits), jette les bases d’une méthodologie commune:
- Life Cycle Assessment (LCA): l’analyse du cycle de vie (ACV) est une méthodologie qui permet d’évaluer les impacts environnementaux associés à un produit, un procédé ou une activité en identifiant et en quantifiant la consommation de matières et d’énergie ainsi que les émissions dans l’environnement tout au long du cycle de vie complet du produit (ou du service). Son principe est « du berceau à la tombe », c’est-à-dire depuis le début du cycle de vie d’un produit jusqu’à son élimination et sa consommation complètes.
- Ecological footprint : l’empreinte écologique mesurait initialement, en mètres carrés, la surface de terrain nécessaire au recyclage des déchets produits par une personne au cours d’une année. Elle mesure aujourd’hui l’impact sur les ressources environnementales par unité de produit fabriqué. Outre l’empreinte carbone et l’empreinte eau, les deux autres principales empreintes écologiques sont l’empreinte biodiversité et l’empreinte sol : la première mesure la réduction de la biodiversité et la seconde la perte de sol liée au cycle de production d’un bien ou d’un service donné.
- Carbon footprint : l’impact d’un certain produit en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) définit son empreinte carbone, exprimée en équivalents CO₂ par unité de produit (les différents gaz à effet de serre produits sont tous transformés en CO₂, afin d’être comparables).
- Water footprint : l’impact en termes de consommation d’eau douce (eau verte si elle provient des précipitations, eau bleue si elle provient de réservoirs ou de plans d’eau naturels) et de pollution des effluents du cycle de production (eaux grises) par unité de produit est évalué. Cette méthode est fortement contestée car l’inclusion d’eau verte (eau de pluie ou précipitations invisibles) augmente de manière disproportionnée l’empreinte hydrique des systèmes d’élevage.
Valoriser les “déchets” dans la production de la provende
Dans la plupart des procédés de production, qu’ils soient agroalimentaires ou non, on obtient plusieurs produits. Généralement, la transformation des matières premières donne un produit principal et un ou plusieurs sous-produits pouvant présenter une valeur nutritionnelle.
Les résidus de maltage lors de la production de bière, la pulpe de betterave lors de la production de sucre, le tourteau de colza issu de l’extraction d’huile, ou encore le gluten de maïs et les distillats, principaux sous-produits de l’utilisation des céréales dans la production de bioéthanol, ne sont que quelques exemples.
Grâce aux connaissances techniques et scientifiques disponibles, ces sous-produits n’ayant pas d’intérêt direct dans l’alimentation humaine peuvent être valorisés en les utilisant comme matières premières dans la provenderie.
Conclusion
De ce qui précède, face donc aux défis relevés auxquels va faire face le monde de demain, GREENMAN ACADEMY a pour ambition de réconcilier les objectifs de production avec ceux du développement durable, en repensant la manière dont les ressources sont utilisées et réutilisées. Cela permet non seulement de réduire les impacts environnementaux, mais aussi de transformer les déchets en ressources à valeur ajoutée, améliorant ainsi la rentabilité des exploitations et la durabilité des systèmes de production.
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